Dans ce protocole
Dans une catastrophe, la détresse touche une collectivité entière. Il faut répartir l’aide avec discernement afin qu’elle atteigne celles et ceux qui en ont le plus besoin.
Une catastrophe ne se traite pas comme une crise individuelle. Elle atteint tout un groupe, fragilise les soutiens habituels et confronte les intervenants à des besoins nombreux et désordonnés. Le travail passe d’un accompagnement individuel approfondi à une organisation raisonnée de l’aide collective.
La pyramide des services de l’IASC place à sa base la sécurité, les besoins élémentaires, l’information et la dignité, nécessaires à la majorité. Un groupe plus restreint a besoin des soutiens familiaux et communautaires, un autre d’une aide psychologique ciblée, et une minorité de soins spécialisés. Traiter tout le monde comme si chacun relevait du sommet épuise les ressources.
- Enfants, surtout lorsqu’ils sont séparés de leur famille.
- Personnes âgées privées de leurs repères, traitements ou soutiens pendant l’évacuation.
- Personnes en situation de handicap dont les besoins peuvent être négligés par les dispositifs généraux.
- Femmes enceintes ou allaitantes.
- Personnes ayant des troubles psychiques antérieurs et femmes exposées à des risques accrus dans les lieux d’hébergement.
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1
Sécurité collective Vérifiez la sécurité de la zone et des équipes avant toute intervention psychologique.
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2
Triage Distinguez rapidement les personnes qui ont besoin d’une aide urgente de celles dont les capacités d’adaptation peuvent être soutenues.
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3
Besoins essentiels Priorisez abri, eau, nourriture et protection : y répondre constitue déjà une aide psychologique.
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4
Réunification Rétablissez les liens familiaux, en priorité pour les enfants séparés.
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5
Information fiable Diffusez régulièrement des informations vérifiées afin de limiter les rumeurs.
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6
Personnes vulnérables Accordez une attention particulière aux enfants, personnes âgées ou handicapées et femmes enceintes.
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7
Ressources communautaires Soutenez les capacités et la solidarité de la communauté sans vous y substituer.
- « Vous êtes en sécurité ici. Commençons par ce dont vous avez le plus besoin. »
- « Nous allons chercher votre famille ensemble. Donnez-moi les noms et le dernier lieu où vous les avez vus. »
- « Je vous transmettrai chaque information confirmée dès que nous la recevrons. »
- « Ce que vous avez traversé est considérable. Nous allons nous appuyer sur les ressources que vous avez déjà mobilisées. »
- Considérer chaque personne sinistrée comme une urgence et épuiser les ressources.
- Relayer des promesses non vérifiées ou des chiffres contradictoires.
- Séparer les enfants sans système rigoureux de réunification.
- Imposer un modèle extérieur qui ignore les ressources et les usages locaux.
- Négliger la santé des équipes jusqu’à leur épuisement collectif.
Après le séisme dans la province d’Al Haouz, une équipe a trouvé des familles sans abri, certaines en état de stupeur. Elle n’a pas commencé par des entretiens psychologiques. Elle a repéré les urgences médicales, les parents séparés de leurs enfants et les personnes capables d’aider. Après l’abri et l’eau, un espace sûr a accueilli les enfants perdus et une tente d’information a diffusé des nouvelles chaque heure. Sécurité, information et liens répondaient aux besoins psychologiques les plus immédiats.
Lorsque les besoins élémentaires ne sont pas assurés, ils occupent toute l’attention. Une proposition d’eau, de couverture ou d’information est alors mieux reçue qu’une invitation à parler des émotions. L’aide pratique ouvre ensuite un espace de parole à celles et ceux qui le souhaitent.
Le manque de sources régulières et l’incertitude favorisent les rumeurs. Une mise à jour brève à heure fixe, même pour signaler l’absence de nouveauté, apaise davantage que la réfutation successive de chaque rumeur. La régularité compte autant que la quantité d’informations.