Dans ce protocole
L’attaque de panique ressemble à une alarme incendie qui retentit sans feu. Il faut aider le corps à reconnaître l’absence de danger sans nier la violence de l’alarme.
Une attaque de panique est une montée soudaine de peur intense qui atteint son maximum en quelques minutes. Palpitations, gêne respiratoire, douleur thoracique, vertiges, fourmillements et peur imminente de mourir peuvent l’accompagner. La personne est souvent convaincue d’être en danger. Malgré son intensité, une attaque de panique n’est pas en elle-même mortelle : elle atteint un pic puis diminue spontanément.
Le système d’alarme cérébral s’active sans menace réelle et déclenche la réponse de combat ou de fuite. La personne interprète les sensations comme des signes de mort ou de perte de contrôle, ce qui renforce la peur et les symptômes. L’intervention cherche à interrompre cette boucle.
- Début soudain et pic en quelques minutes.
- Palpitations, souffle court, tremblements, transpiration et fourmillements.
- Peur de mourir, de perdre le contrôle ou de devenir fou sur le moment.
- Impression d’irréalité ou de détachement de soi qui diminue avec la crise.
- Atténuation progressive en vingt à trente minutes, souvent suivie d’épuisement.
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1
Réassurance réaliste Dites calmement qu’il s’agit d’une attaque de panique, très effrayante mais transitoire et sans danger vital en elle-même.
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2
Respiration Accompagnez une respiration lente, avec une expiration plus longue que l’inspiration.
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3
Ancrage sensoriel Invitez la personne à nommer ce qu’elle voit et à sentir ses pieds au sol.
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4
Réinterprétation Expliquez que l’accélération du cœur vient du système d’alarme et ne signifie pas qu’elle est en train de mourir.
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5
Attente calme Rappelez que le pic redescend en quelques minutes et restez sans précipiter la fin.
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6
Après la crise Normalisez l’expérience et conseillez une consultation si les attaques se répètent.
- « C’est une attaque de panique. Elle est très impressionnante, mais elle va redescendre. Je reste avec vous. »
- « Vous êtes en sécurité. Cette vague va passer et je reste près de vous. »
- « Vous n’êtes pas en train de mourir ni de perdre la raison. Votre système d’alarme s’est déclenché par erreur. »
- « Expirez lentement avec moi, sans chercher à prendre une grande inspiration. »
- Dire simplement « Calmez-vous » ou minimiser la crise.
- Demander de prendre rapidement de grandes inspirations, ce qui peut accentuer l’hyperventilation.
- Nier les sensations ou s’en moquer.
- Laisser un groupe inquiet entourer la personne.
- Recourir systématiquement aux urgences sans indication, ce qui peut renforcer la conviction d’une maladie dangereuse.
Dans un bureau à Agadir, un employé a brusquement saisi sa poitrine en haletant et en disant qu’il allait mourir. Un collègue formé a éloigné le groupe, s’est assis devant lui et lui a expliqué avec calme qu’il s’agissait probablement d’une attaque de panique. Il a ralenti sa propre respiration jusqu’à ce que l’employé l’imite. En quelques minutes, les palpitations et la pâleur ont diminué.
Une respiration trop rapide élimine excessivement le dioxyde de carbone et peut provoquer vertiges, fourmillements ou oppression. Ralentir le rythme et prolonger l’expiration agit directement sur ce mécanisme physiologique et favorise le freinage du système nerveux.