Dans ce protocole
Ce que l’on appelait autrefois « hystérie » est aujourd’hui compris comme une crise émotionnelle intense. Elle ne s’apaise pas par un rapport de force, mais au contact d’un calme qui en réduit la charge.
La psychiatrie moderne a abandonné le terme ancien d’« hystérie », chargé de stigmatisation, notamment envers les femmes. On parle plutôt d’agitation émotionnelle aiguë, de symptômes de conversion ou de symptômes neurologiques fonctionnels. La crise peut prendre une forme spectaculaire : cris, pleurs spasmodiques, tremblements marqués ou symptômes corporels tels qu’une paralysie temporaire sans cause organique identifiée.
Ces manifestations peuvent exprimer corporellement une détresse qui ne trouve pas d’issue par les mots. Elles ne relèvent pas nécessairement de la simulation. La présence d’un public tend parfois à les amplifier, car le système nerveux réagit à la tension environnante. Gardez votre calme pour éviter d’accentuer l’agitation et aider la personne à s’apaiser.
- Cris ou pleurs intenses et continus, parfois rires intermittents sans rapport apparent avec la situation.
- Mouvements amples ou raidissement du corps sans perte complète de conscience.
- Respiration rapide et superficielle, avec fourmillements dans les mains ou autour de la bouche.
- Paroles fragmentées ou absence de parole avec les yeux ouverts.
- Intensification en présence d’un groupe et diminution lorsque l’environnement s’apaise.
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1
Dégager l’espace Éloignez calmement les personnes rassemblées. Demandez de l’espace et du silence.
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2
Réduire l’activation Parlez plus doucement que la personne. Votre rythme peut l’aider à ralentir.
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3
Préserver la sécurité physique Écartez les objets dangereux sans recourir à une contention qui augmenterait la peur.
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4
Ancrer Ramenez l’attention vers les sensations présentes et une respiration lente.
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5
Éviter le renforcement N’accordez ni attention excessive ni rejet. Reconnaissez la souffrance plutôt que de focaliser sur le symptôme.
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6
Après l’apaisement Préservez sa dignité et explorez calmement ce qui a pesé sur elle.
- « Je suis avec vous. Vous êtes en sécurité ici. »
- « Vous êtes en sécurité, je reste près de vous. »
- « Respirez simplement avec moi. Vous n’avez rien à expliquer maintenant. »
- « Votre corps exprime quelque chose de très lourd. Je reste jusqu’à ce que cela s’apaise. »
- Gifler la personne ou l’asperger brutalement pour prétendument la réveiller.
- Crier, argumenter ou tourner ses symptômes en dérision.
- Utiliser une contention hors danger réel et, lorsqu’elle s’impose, aller au-delà du strict nécessaire.
- Laisser une foule se former autour d’elle.
- L’accuser ensuite d’avoir simulé.
Lors d’un mariage à Taroudant, une jeune femme s’est effondrée en criant et en tremblant. Des dizaines de personnes se sont regroupées, l’ont secouée et aspergée, ce qui a accentué la crise. Une intervenante a demandé calmement que seules restent la jeune femme et une proche de confiance. Assise à côté d’elle, elle a répété d’une voix lente qu’elle était en sécurité. Sans lui ordonner de s’arrêter ni lutter contre ses réactions, elle a vu les tremblements diminuer en quelques minutes.
Une crise d’épilepsie, une hypoglycémie, un accident vasculaire cérébral ou une intoxication peuvent ressembler à une crise psychologique. Une perte complète de conscience, une morsure de langue, une incontinence, une asymétrie du visage ou des membres, ou une confusion intense après l’épisode imposent de traiter la situation comme une urgence médicale.