Dans ce protocole
Un enfant exprime souvent son traumatisme dans le jeu, le dessin, le corps ou une régression. Il faut savoir lire cette langue lorsqu’il ne peut pas encore raconter.
Aider un enfant ne consiste pas à appliquer en plus petit les méthodes destinées aux adultes. Son vocabulaire émotionnel reste en développement et la détresse passe souvent par le comportement. Deux repères dominent : la sécurité et la stabilité des adultes. L’enfant lit le visage et la voix de ses parents ; leur panique augmente la sienne. Soutenir les adultes responsables puis rétablir des routines et des éléments familiers contribue directement à sa sécurité.
L’adolescent ne veut pas être traité comme un enfant. Il peut cacher sa vulnérabilité et exprimer la détresse par la colère ou le retrait. Écoutez sans supériorité ni interrogatoire, respectez son autonomie et rendez-lui une part de contrôle.
- Retour à des comportements dépassés : énurésie, besoin excessif de proximité ou succion du pouce.
- Perturbations du sommeil ou de l’alimentation.
- Plaintes corporelles répétées.
- Répétition de l’événement dans le jeu ou le dessin.
- Agressivité ou isolement.
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1
Soutenir les adultes Commencez par aider les parents ou accompagnants à retrouver leur calme.
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2
Se placer à sa hauteur Asseyez-vous à son niveau, présentez-vous simplement et gardez une expression calme.
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3
Retrouver le familier Rétablissez autant que possible sa routine, un jouet, une couverture ou un aliment connu.
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4
Parler simplement et vrai Répondez avec une vérité adaptée à son âge, sans mensonge ni détails effrayants.
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5
Laisser jouer Proposez jeu et dessin comme moyens naturels d’expression.
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6
Rassurer et protéger Dites clairement qu’il n’est pas responsable et que les adultes s’occupent de sa sécurité.
- « Tu es en sécurité. Les adultes sont là pour prendre soin de toi. Ce qui est arrivé n’est pas ta faute. »
- « Nous sommes ici pour prendre soin de toi. Tu n’as rien fait de mal. »
- « Si tu veux jouer ou dessiner, je peux rester près de toi. »
- « Je ne suis pas là pour te faire la leçon. Si tu veux parler, je t’écoute. »
- Mentir ou cacher entièrement la réalité, au risque de laisser l’imagination produire une version plus inquiétante.
- Employer pour la mort des images ambiguës comme un long sommeil ou un voyage.
- Perdre tout contrôle devant l’enfant et le priver de son point d’appui.
- Forcer la parole ou interdire le jeu au nom du sérieux.
- Traiter un adolescent comme un jeune enfant.
Après une inondation et un déplacement forcé, un enfant de six ans paraissait calme, mais avait recommencé à mouiller son lit et refusait de dormir seul. L’intervenant ne l’a pas forcé à parler. En dessinant avec lui, il a vu apparaître une maison sous une eau noire et un petit personnage en pleurs sur le toit. Une question simple sur la peur du personnage a permis à l’enfant de pleurer. Le dessin avait exprimé ce que les mots ne pouvaient pas encore dire.
Avant six ans, elle apparaît souvent dans le corps et le comportement : énurésie, dépendance accrue ou répétition dans le jeu. À l’âge scolaire, les douleurs, notamment au ventre ou à la tête, et la baisse des résultats sont plus fréquentes. L’adolescent peut s’isoler, prendre des risques ou se montrer irritable, et parler plus volontiers à ses pairs. L’âge donne du sens au symptôme.
Les suivis après catastrophe montrent que l’état du proche qui prend soin de l’enfant prédit fortement son évolution, parfois davantage que son degré d’exposition. Avant de comprendre les faits, l’enfant évalue le danger à travers le visage et la voix de l’adulte. Soutenir le parent revient donc à intervenir pour l’enfant.